ACEF 2008 – Résumé des communications

32e réunion annuelle

Cape Breton University – Sydney, Nouvelle-Écosse

22-25 mai 2008

 

 

Maria Teresa Agozzino (American Folklore Society/Ohio State University)

Welsh-for-a-day: Celtic Romanticism and Perceptions of Nationhood

Traditionnellement, il a été les démarches rituelles qui ont géré les moments transitionnels du calendrier. Les éléments structurels particuliers de ces démarches jouent des rôles symboliques indispensables; leur juxtaposition, et leur effet réciproque, mettent en évidence les croyances populaires courantes et ils poussent les pratiques magiques. Récemment on voit la logique populaire sous-jacente céder aux spectacles communautaires, aux performances: la structure se refait, les métaphores se mélangent, les sexes se fusionnent. La commodification remplace la fonction; elle déplace le caractère distinctif du rituel; les expressions culturelles traditionnelles se rangent aux forces du marché. En même temps que les formes nouvelles cherchent à reproduire leurs prédécesseurs, le jeu s’est changé: se réalise (pour employer un mot de Jack Santino) un melting-pot ‘ritualesque’. Des traditions celtiques et non-celtiques se fondent; au fond, les activités contemporaines montrent les perceptions naissantes de la ‘galloisisme’. [5B]

 

 

Leah Allen (Duke University)

When You Care Enough to Give the Very Best: Presentation Weddings

Le slogan de la compagnie Hallmark exprime la généralisation de l’espoir des jeunes mariés contemporains que l’argent liquide est le meilleur cadeau que l’on peut faire pour un mariage. Il est vrai que les catalogues et les sites internet correspondent à l’opinion des manitobains que nous avons interrogés ou consultés. Personne ne peut demander des sommes en liquide. Selon une pratique bien connue à Winnipeg, et aussi en progression partout ailleurs, parmi une diversité de sollicitations pour une invitation à un mariage, malgré les différences de cultures, de classes sociales, de genres et de sexes et autres, toutes se recoupent pour dire « donnez-nous de l’argent ». Notre but est d’examiner comment la requête codée maintient le tabou de la demande d’argent, bien que le couple ne se sente pas diminué par un cadeau qui corresponde de façon si peu évidente à l’idée que l’on s’en fait. [3B]

 

 

Ian Brodie (Cape Breton University)

Live to Tape: Stand-Up Recordings

Contrairement à presque toutes les autres formes d’art populaire, le comique improvisé manifeste ses défauts médiatiques lorsque enregistré en public. Comme les formes d’enregistrements ont évolué du 33 tours au CDs puis au mP3s, du réseau télévisé au câble, et du film vidéo maison au YouTube, aussi en est-il de la forme du comique improvisé lui-même. Cette communication propose un survol de ces changements et pose une question inévitable : si une grande part de l’humour provient de la surprise causée par une performance inattendue, pourquoi alors dans les conditions nous regardons ces performances comiques plus d’une fois? [6A]

 

 

Carmen d’Entremont (Université Sainte-Anne)

Contes, légendes, histoires et mystifications : la tradition orale de Pubnico-Ouest

Dans le cadre de ma maîtrise, j’ai mené un important travail de terrain sur la tradition orale de Pubnico-Ouest, en Nouvelle-Écosse. Il s’agissait d’évaluer le potentiel folklorique de cette région acadienne. Cette enquête révèle que la pratique des récits oraux est un phénomène culturel encore dynamique à Pubnico-Ouest et elle met en valeur l’importance de récits appartenant à des genres moins classiques qui intéressaient peu les chercheurs. Finalement, cette collection donne un avant-goût de la tradition orale d’un milieu qui est considéré comme le plus vieux village toujours occupé par des Acadiens. [1B]

 

 

Sébastian Déspres (Memorial University of Newfoundland)

The Things and Spaces of Belief: The Church of the Assumption of Our Lady, Harlow, England

Cette étude de cas emprunte au modèle d’espaces d’Henri Lefebvre au niveau physique (nature, le cosmos), mental (logique, les abstraction formelles) et social (action, interaction) pour montrer comment ces espaces sont constamment réimaginés, repensés et reconçus. Je veux explorer comment ces conceptualisations mettent en valeur les changements dans les espaces eux-mêmes de l’église, les comportements qu’ils stimulent à (re)produire, et les attitudes adoptées face à cet environnent grâce à une exploration ethnographique des idées des pratiquants concernant les objets qui ornent et occupent leur espace religieux. [4B]

 

 

Beverley Diamond (Memorial University of Newfoundland)

‘Letting the listener fly as they want to’: Saami joik performers reconfigure traditional song practices in the recording studio

Depuis la fin des années 1870, les chanteurs Saami du genre traditionnel du chant connu sous le nom de Joik ont produit leurs tours de chants traditionnels pour des auditoires très étendus aussi bien lors des festivals que par les enregistrements. Recevant de généreuses subventions d’état, les compagnies d’enregistrement de musique Saami telles que DAT et Idut ont permis au corpus de musique Saami aussi bien le traditionnel que le contemporain de fleurir d’une façon exceptionnelle. Les chanteurs de Saami ont développé une variété d’approches pour l’enregistrement et le mixage qu’ils presentment comme le meilleur timbre vocal du Joik. Il en va aussi des ces approches pour représenter de tels éléments traditionnels comme des sens polyvalents et des variations improvisées en accord avec le contexte lorsque le Joik est exécuté librement. Concentrant son attention sur l’œuvre de deux chanteurs Saami qui sont aussi producteurs, Wimme Saari et Frode Fjellheim, la communication examinera quelques unes des plus créatives des approches de ces réalisations musicales, prouvant s’il en faut la continuité entre les croyances traditionnelles et les pratiques modernes. [6A]

 

 

Greg Gillespie (Brock University)

Weaving Local Identity: The Niagara Region Tartan and the Invention of Tradition

Cette communication examine la création récente ainsi que la signification locale qui lui est associée d’un tartan de la Région du Niagara. En mai 2007, l’orchestre de cornemuses de la police régionale du Niagara a inauguré un nouveau tartan à l’occasion de son trentième anniversaire. De nombreuses sociétés officielles ont approuvé le tartan, par exemple la Municipalité Régionale du Niagara, le Service de la Police Régionale du Niagara et l’Autorité Écossaise des Tartans. La décision de la municipalité, en particulier, a mis le tartan en position de symbole officiel au même titre que son emblème et son blason. [5A]

 

 

Lee Haring (Brooklyn College of the City University of New York)

Structuralism and Folkloristics

Les chercheurs nord-américains qui s’appellent ‘folkloristes’ n’aiment pas beaucoup les grandes théories’ de Jacques Derrida, Michel Foucault, ou Jürgen Habermas. Ils aiment mieux les théories qu’on pourrait nommer ‘humbles’ ou ‘sans prétention’. Quand même, on trouve, dans les études folkloriques nord-américains, la plus grande théorie de toutes, le structuralisme, bien connue d’avoir fait taire la voix de l’Autre. Dell Hymes a augmenté le structuralisme par des méthodes de recherche qui tiennent à inclure cette voix. En faisant attention à la surface de l’expérience communicative, Hymes démontre que l’on doit considérer le structuralisme comme une invitation à étudier le contexte. [4A]

 

 

Philip Hiscock (Memorial University of Newfoundland)

‘Harry came from Hickman’s Harbour; Harry had a hat.’ Linguistic Folklore and Metafolklore in Newfoundland and Labrador

L’anglais de Terre-Neuve et Labrador a un bon nombre d’auto-conscience linguistique caractéristiques sur lesquelles pèse metafolkloristic concours dans des contextes tels que l’adulte a l’enfant, aux lieux de divertissement, d’éducation, et le tourisme culturel. Une telle fonctionnalité est une comptine, « Harry Came from Hickman’s Harbour », identifiant le phonème [h] comme un lieux de concours et de commenter. En pratique orale pendant au moins de deux générations, la comptine s’approprie des modifications de l’expression « code » et « registre » pour des locateurs natifs. Bien que l’écotype correspond à la situation de Terre-Neuve et Labrador par une référence aux collectivités locales toponymie, il a été constaté dans d’autres régions) par exemple le Grande Bretagne et en Jamaïque), où [h] est variable et contestée. [4A]

 

 

Michael Hoberman (Fitchburg State College)

Some of the Local Characters We Had Around : Town Character Anecdotes As a Marker of Cultural Tension in Small Town New England

Cette communication analyse les implications usuelles de l’anecdote urbaine personnelle au sein des traditions orales d’une petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Il s’agit d’une sous-catégorie de la légende personnelle, l’anecdote urbaine personnelle correspond généralement à un personnage qui incarne la tradition par sa conduite exceptionnellement excentrique, généreuse voire même marginalisée ou sein d’une petite communauté dont l’héritage, comme je le montre, apparaît comme représentant uniquement une légère résistance aux normes régionales mais illustre aussi quelques une des contradictions centrales de la communauté en incarnant ces normes à l’extrême. Dans ce sens, l’anecdote urbaine personnelle révèle la remarquable évidence de la diversité culturelle et des tensions qui existent généralement dans le milieu parfaitement homogène des communautés rurales. [2B]

 

 

Natalie Kononenko (University of Alberta)

Soviet Cartoons on Folklore Topics

Au cours de la période soviétique, les dessins animés montrés durant l’heure des enfants « Bonne Nuit, Les Petits » étaient supposés représenter le folklore le plus classique de la Russie. Mais un examen plus approfondi révèle cependant un choc culturel entre différents contes traditionnels afin d’imposer un message prosoviétique, et bien souvent même pro-russe. Dans l’une de ces histoires, des filles de toutes sortes de pays sont présentées, pour qu’enfin la jeune fille russe triomphe sur l’écran. Elle est, naturellement, celle qui doit être choisie comme le but de cette quête héroïque. Tous les animaux sont représentés comme travaillant dans l’unité – sous la direction éclairée de l’ours, symbole de la Russie. Ainsi, cette communication veut démontrer, comme je l’espère, comment le folklore était utilisé pour véhiculer l’orientation russo-soviétique chez les enfants. [1A]

 

 

Svitlana P. Kukharenko (University of Alberta)

Borat the Trickster: Searching for a Mythic Character in Contemporary Media

Le personnage fictif, héros du film Borat: Cultural Learnings of America for Make Benefit Glorious Nation of Kazakhstan est analysé comme étant l’une des dernières réincarnations de la figure archétype du trickster. Nous contrastons et comparons Borat avec les figures tricksters des récits folkloriques européens et nord-américains afin de démontrer qu’il combine plusieurs traits et qualités du trickster animal et de l’astucieux idiot. Il manque par contre d’une certaine profondeur et du traditionnel typique chez ses doubles mystiques. Par conséquent, nous suggérons une interprétation de la popularité du personnage de Borat selon la puissance de la figure du trickster. [2B]

 

 

Vivian Labrie (Chercheure autonome, Québec)

Traverses et misères : à propos de liens entre les contes et la vie

Qu’y a-t-il dans un conte qui mérite le voyage ? Qu’y a-t-il dans la vie qui fasse le même voyage ? Une piste : des conteures québécoises et acadiennes insistaient sur les «traverses» et les «misères». De fait, cartographier des contes merveilleux montre que le voyage caractérise le type. La topologie rejoignant la typologie, les parcours qui émergent ainsi pourraient modéliser comment les humains s’y prennent, sur plusieurs registres, pour «passer à travers». Et s’il s’agissait de «grands chemins» de l’aventure humaine ? On suit la piste à travers quatorze contes, des liens, des films et, depuis octobre 2007, un carrefour de savoirs. [1B]

 

 

Anne Lafferty (Memorial University of Newfoundland)

Gender and Newfoundland Wakes

Cette communication se propose d’analyser l’expression des sexes lors des fêtes champêtres, et en particulier, les carnavals aux fêtes champêtres à Terre-Neuve. Il s’est manifesté de considérables variations dans les comportements aux fêtes champêtres à travers Terre-Neuve. Toutefois, dans bien des contextes, même les auditoires des fêtes champêtres sont totalement voire partiellement marqués par la différence des sexes. Quand les hommes et les femmes se réunissent lors des fêtes champêtres, les comportements des deux sexes peuvent vraiment différer. Les hommes et les femmes se réunissent dans des endroits différents de la maison ou de la propriété. Les hommes préfèrent adopter un comportement de surprise-partie, tel que boire et faire des farces, au contraire les femmes seront bien plus formelles et adopteront un comportement plus centré sur la religion. [4B]

 

 

Melissa Susan Long (Memorial University of Newfoundland)

Pinkie Swearing: 1990s Children Lore

Sacré sur un petit doigt, un concept infantile pour atteindre la confiance d’une autre, est un nouveau sujet du folklore de l’enfant. Depuis les années 1990, c’est devenue un concept universel pour les jeunes, similaire à la tradition de « croisée sone cœur ». En croisant les petits doigts, deux enfants peuvent crée un sens de loi et confiance. Cette communication explore d’une manière critique et analytique les similarités et différences entre l’action physique du promet les raisons métaphorique. Mes conclusions aident ainsi que crée une base pour l’exploration future du domaine du folklore l’enfant ainsi que sacré sur le petit doigt. [4A]

 

 

Richard MacKinnon (Cape Breton University)

Public Image and Private Reality: Folklore, Cultural Intervention and Authenticity

Le folklore est souvent employé pour présenter une image de la culture de l’Île du Cap Breton tant aux visiteurs qu’aux habitants. Les gouvernements choisissent les symboles folkloriques pour leurs brochures touristiques, les musées retiennent des documents culturels pour leurs affiches, et bien des romanciers choisissent aussi des aspects particuliers de la culture pour construire leurs intrigues, donnant ainsi une grande importance et un rôle éminent à tous ces témoignages culturels. Comme un sculpteur qui forme une œuvre de poterie, une image est inévitablement crée dans ce processus; quelquefois cette image est fidèle, mais d’autres fois, ce n’est que la pauvre image d’une imitation de réalités de la vie quotidienne dans la région. Le folkloriste David Whisnant désigne ce processus complet de la formation d’une image de la tradition comme « une intervention culturelle ». Cette communication considère une variété d’images des symboles folkloriques du Cap Breton pour essayer de comprendre le processus de création de l’image et de ses implications pour la compréhension de son authenticité et de sa tradition. [5B]

 

 

Olivier Maligne (CELAT / UQAM)

Un Ethnologue au Musée : sacralité et pratiques rituelles autour des collections d’artefacts autochtones

Cette communication traite du musée comme lieu de pratiques rituelles et de sacralisation des objets, à travers l’analyse du traitement des collections d’artefacts amérindiens et inuits. La reconnaissance du caractère sacré de certains objets par l’institution muséale, et les pratiques rituelles que celle-ci implique de la part des professionnels seront au centre de la réflexion. Loin d’être un contenant neutre que les ethnologues rempliraient avec une culture produite ailleurs, le musée est une institution productrice de culture(s) et d’identité(s), où se construit une certaine forme de sacralité au croisement de la science, de la politique et de la spiritualité. [4B]

 

 

Jodi McDavid (Cape Breton University)

The Fiddle-Burning Priest of Mabou

Le père Kenneth MacDonald a été prêtre à Mabou, au Cap Breton, de 1865 à 1894. Les comptes-rendus le dépeignent comme un censeur social pratiquant une discipline très stricte : condamnant la consommation d’alcool, reprouvant les piqueniques et montrant à ses paroissiens comment ils devraient voter. Toutefois, les comptes-rendus semblent passer sous silence l’une de ses principales actions dont les habitants parlent encore : savoir comment il allait de porte en porte et brûlait leurs violons. Malgré qu’elle soit une petite ville au caractère rural, Mabou est d’une grande importance culturelle au Cap Breton, étant même considérée comme le centre de la musique traditionnelle du Cap Breton. C’est en effet le violon qui en est l’icône centrale autant pour le folklore que pour les manifestations populaires de la musique. [2B]

 

 

Andriy Nahachewsky (University of Alberta)

Perogies and Community

On dit souvent que les institutions ukrainiennes du Canada ont été bâties sur le perogie. Les perogies sont un plat traditionnel se composant d’une pâte à pain entourant une grande variété de garnitures. Certains pensent que quelques 13 millions de perogies sont consommés annuellement dans tout le Canada, probablement peut-être plus dans les groupes communautaires qu’à la maison. Ce film est le résultant d’un projet scolaire visant à montrer quatre groupes de femmes fabriquant des perogies dans la région d’Edmonton. Le projet expose les techniques et les procédés, les genres, et les aspects sociaux de la fabrication des perogies. Cependant la tradition de la diaspora ukrainienne au Canada est notablement différente de celle de l’Ukraine. [5A]

 

 

Evelyn Osborne (Memorial University of Newfoundland)

From the Dance Hall to the Recording Studio: Four generations of music in the Walsh family of Bay de Verde, Conception Bay, NL

Qu’est ce que la « musique traditionnelle » représente pour les musiciens d’aujourd’hui? Comment cette représentation a-t-elle changé dans les récentes dernières dix années? La famille de Ray Walsh, originaire de Bay de Verde, dans la Conception Bay peut retraces ses racines musicales pour ses quatre dernières générations. Ray et Greg, le père et le fils sont tous les deux des membres actifs de la scène musicale de Saint-John. Cette communication examine le processus du changement de la musique traditionnelle grâce à l’exemple de la famille Walsh; on y découvre la transition entre l’orchestre de danse et la formation d’un groupe musical familial qui a enregistré un CD et apparait à la télévision dans l’émission All Around the Circle. [6A]

 

 

Marcia Ostachewski (Nipissing University)

High-born Cossacks, Princes and Princesses in Canadian Ukrainian Dance: Performing Post-Heritage?

Beaucoup d’entre nous connaissent bien les paysans cosaques et les jeunes villageoises qui font parties des spectaculaires danses sur scène exécutées par les ukrainiens partout dans le monde, y compris dans leurs communautés au Canada. Qu’est-ce que cela signifié quand des ukrainiens du Canada dansent des personnages nobles : des chefs cosaques de haute-naissance, des rois, des princes et des princesses? Une recherchiste de cinématographe en patrimoine britannique, Claire Monk, a développé un concept de « post-patrimoine » dont elle trouve qu’il illustre particulièrement bien les réalisations de genres non-dominants et d’identités sexuelles (1995). Son travail nous procure un mode de compréhension du plus récent phénomène de l’ouest Canadien dans la manifestation de la royauté et de la noblesse dans une danse folklorique autrefois exécutée par des paysans. [1A]

 

 

Jean-Pierre Pichette (COFRAM, Université Sainte-Anne)

Le « Principe du limaçon » ou quand la périphérie résiste

Le transfert du patrimoine oral européen – illustré ici par la chanson – au sein des populations françaises d’Amérique expose les rapports divers entre le centre et sa périphérie, les possibles croisements ou l’origine plurielle des traditions. Des observateurs ont souvent noté que les marges conservent mieux et plus longtemps certaines pratiques qui s’érodent au centre. Ce phénomène, soumis à l’éclairage du « principe du limaçon », livre d’abord le mécanisme des dynamiques en présence ; éventuellement, ce modèle devrait permettre de cerner les facteurs du maintien ou de l’érosion des traditions en expliquant, si tel est le cas, pourquoi il en est ainsi. [3A]

 

 

Mary Piercey (Memorial University of Newfoundland)

The Inuit-missionary Encounter: Total Christian Conversion or Negotiation of Belief Systems?

Cette communication constitue une recherche sur les contes oraux et la musique pour déterminer comment les systèmes de croyance Inuit et Chrétien sont confrontés et construits autour de la production musicale et des choix de répertoires. Au sein de cette littérature émergente concernant les idéologies des croyances aborigènes et de leur élaboration et construction dans les sociétés post- coloniales, les analyses des thèmes musicaux ont été grandement oubliées alors qu’elles se révèlent être un riche domaine de recherches. Grace à des entrevus personnelles avec Matilda Sulurayok et Sandy Okatsiak ainsi que les analyses des productions musicales des Églises Anglicanes et Catholiques à Arviat (Nunavut), des signes clairs de la perception de l’union consentie entre les croyances Chrétiennes et Inuits sont découvertes et révélées. [4B]

 

 

Jean-François Plante (Université Laval, CELAT)

Musiciens en garnison à Louisbourg

Suite au traité d’Utrecht en 1713, la France perd l’Acadie continentale et ne conserve que l’île Royale et l’île Saint-Jean. Pour protéger l’entrée de la vallée du Saint-Laurent, les autorités françaises décident de construire la ville forteresse de Louisbourg et d’y installer des troupes nombreuses. Une telle concentration de soldats amènera des besoins importants de musiciens militaires afin de fournir des services réguliers, que ce soit pour soutenir la marche, participer à la garde des lieux stratégiques ou exécuter les batteries nécessaires à la vie courante de la garnison. [2A]

 

 

Claudia Prévost (Université Laval)

Des ateliers à caractère culturel pour un rapprochement interculturel: expérimentation avec des étudiants en francisation et de jeunes cégépiens de Québec

Cette communication s’insère dans l’axe de réflexion portant sur le multiculturalisme en contexte régional et questionne le rôle des pratiques de médiation culturelle au sein des institutions d’enseignement québécoises et leur apport au développement de relations harmonieuses entre ces derniers et les membres de la population locale. Seront donc exposés les résultats primaires d’un projet d’ateliers de théâtre, réunissant des immigrants en francisation et des Québécois, réalisé au Cégep de Sainte-Foy en 2008. Les objectifs du projet, la forme et le contenu des ateliers de théâtre, le profil des participants et l’expérience de la réalisation du projet seront abordés. [4A]

 

 

Heather Sparling (Cape Breton University)

Participants at a North American Gaelic Cultural Competition: Living Inside with a Difference?

Est-ce qu’on peut dire que des participants à un mod nord américain (une competition culturelle de gaélique écossais) constituent une Diaspora? Ils répondent à plusieurs critères qui sont utilisés en définissant la Diaspora: la majorité s’identifie avec une minorité et une communauté historiquement marginalisée qui a été enlevée d’une patrie écossaise originale avec laquelle ils maintiennent des liens vrais et imaginaires. Cependant, le terme « Diaspora » a récemment été critiqué pour avoir été appliqué trop largement pour décrire presque n’importe quel groupe dispersé, indépendamment des circonstances de sa dispersion. En utilisant des travaux sur le terrain, j’évalue comment les étudiants gaéliques nord américains affirment leurs différences culturelles aux événements tels que le Mod National des États-Unis. [5A]

 

 

Stéphanie Teasdale (Université Laval)

La médiation interculturelle par le conte et les expériences migratoires de conteurs québécois et acadiens immigrés

Pour aborder les questions des expériences migratoires de conteurs immigrés au Québec et du conte en tant que médiateur interculturel, quelques rencontres consécutives s’imposent avec les conteurs participant à cette étude. Récit de vie, film de la performance du conteur devant le public et retour avec le conteur sur sa performance seront utilisés comme méthode afin de comprendre les différents niveaux de récits possibles lors du contage. Le récit de migration du conteur et celui de son métier de conteur s’entrecroisent, à l’occasion, au répertoire choisi. Comment le conte, lui-même nomade, peut-il servir de médiation à l’expérience migratoire d’un conteur? [1B]

 

 

Cory W. Thorne (Memorial University of Newfoundland)

The Newfoundland Cultural Migration Project

Le projet d’émigration culturelle de Terre-Neuve devrait pourvoir une base d’étude non seulement pour une histoire détaillée de l’émigration de Terre-Neuve mais aussi pour la réunion et l’analyse des faits folkloriques et culturels de la diaspora Terre-Neuvienne. Ce projet incluera la documentation des modes selon lesquels le folklore et la culture sont employés pour créer la force et la fierté des identités régionales, ensuite en suscitant un débat théorique sur le rôle du folklore dans le régionalisme et la globalisation, le rôle de la culture d’origine à promouvoir la communauté et la stabilité, et, plus précisément, la position de Terre-Neuve et de l’identité Terre-Neuvienne au sein des débats sur les identités nationales du Canada et des États-Unis. Bien que cette conférence concerne les thèmes de l’émigration et de la diaspora, elle devrait se centrer sur le débat théorique des dynamiques locale/globale grâce à ces exemples provenant de Terre-Neuve. [3A]

 

 

Janice Esther Tulk (Memorial University of Newfoundland)

‘Hum on the Humber’: The Corner Brook Pulp and Paper Mill and Local Soundscapes

En été 2007, alors qu’elle assurait la maintenance de la structure du moulin, l’entreprise Corner Brook Pulp and Paper Mill a fait taire le sifflement qui avait fait partie intégrante du paysage local pendant plus de quatre-vingts ans. Dès que le sifflement cessa, les protestations du public se firent entendre pour retrouver la perte d’une part de l’héritage de la ville. Cependant un compromis fut trouvé et le sifflement journalier a été redonné à la demie fréquence de celle d’auparavant. Ce sifflement constituait une image familière tant pour les compositeurs de chansons locaux que pour les écrivains tandis que les habitants marquaient le passage du temps par sa musique. Pourtant, comment quelque chose qui a été banni si facilement comme « pollution sonore » y est devenu ce que Schafer (1973) appelle « la musique de l’environnement »? Comment est-il devenu partie intégrante du paysage sonore local (Schafer 1977; Hufford 1992) et quelle signification et quelle fonction il matérialise et sert au servi de la communauté? Cette communication constitue une étude préliminaire du paysage sonore d’une ville industrielle et du rôle que le sifflement du moulin jouait dans la vie quotidienne (De Nora 2000; Frith 2002). [2A]

 

 

Laurier Turgeon (IPC, Université Laval)

L’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française : une encyclopédie vivante d’un patrimoine vivant

L’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française se veut à la fois un lieu de promotion de nouvelles connaissances et un outil efficace de communication multimédia du patrimoine de l’Amérique française. Plutôt que d’insister sur le caractère fixe et unique du patrimoine, il le présente comme un phénomène dynamique et pluriel, toujours en construction. Pour ce faire, elle s’arrête sur les mécanismes de la mise en patrimoine ou, pour reprendre l’expression désormais consacrée, sur la « patrimonialisation ». Plus qu’une synthèse des connaissances acquises sur les divers sujets traités, l’Encyclopédie se veut un lieu d’exploration et de production de nouvelles connaissances sur le sens et les usages sociaux du patrimoine aujourd’hui. D’autre part, l’Encyclopédie propose des nouveaux modes de diffusion tout aussi dynamiques pour communiquer ce patrimoine vivant. Au lieu de se limiter à un article écrit appuyé par des documents textuels, elle rend compte des principaux éléments de ce patrimoine à l’aide d’un ensemble de documents diversifiés et vivants : textuels, visuels, sonores et audio-visuels, accessibles au grand public sur un site Web interactif et bilingue. L’Encyclopédie couvrira les trois grandes catégories de patrimoine reconnues par l’UNESCO, soit les patrimoines naturel, matériel et immatériel, dans toutes les régions du Canada et de l’Amérique du Nord. Au terme du projet, le site web diffusera 500 articles d’une longueur moyenne de 1 500 à 2 000 mots chacun, rédigés par des spécialistes et accompagnés de nombreux documents multimédia complémentaires. Une encyclopédie vivante d’un patrimoine vivant. [3A]

 

 

Zulfiya Tursunova (University of Manitoba)

Mobility, gender roles and social change: case studies of Uzbek rural women

La fin de l’Union Soviétique avec son économie planifiée a produit une baisse des moyens d’existence avec une réduction de l’emploie et de la protection sociale, surtout dans les zones ruraux. L’Ouzbékistan, avec 60% de la population en zones ruraux, la plus part occupé dans l’agriculture, a du diversifier ses activités et ont du trouver des emploies non agricoles. La mobilité à l’intérieur du pays aussi bien qu’à l’extérieur a augmenté pendant le processus de transition. L’article présent ces changements avec l’analyse de la vie de femmes Uzbek donc les roles ont changé à l’intérieur de la famille et dans leur relations avec la communauté. La vie des femmes montre que les structures de la famille se sont solidifié mais qu’il y a eu de profonde changements dans l’accès aux ressources et au pouvoir. [1A]

 

 

Diane Tye (Memorial University of Newfoundland)

Bread for the Road: Reflections on the Place of Home-made Bread in Newfoundland Culture

Puisant dans quarante ans de recherches étudiantes au département de Folklore et dans les archives des études de langues de l’Université Memorial de Terre-Neuve, j’explore les nombreuses significations de ce qui est le plus remarquable des aliments symboliques de Terre-Neuve et Labrador : le pain fait maison. Le pain a dominé le travail des femmes et soutenu les hommes, nourri des familles et agrémenté les desserts, ajoutant ici de la douceur à la vie. Utilisé comme cataplasme, il a aidé à soigner le corps et façonné en pain béni, « pain des fées » et « pain de route », il a protégé l’âme. Pour beaucoup de Terre-Neuviens encore aujourd’hui, le pain frais représente le gout de la maison. Ici même, je me penche sur le rôle central du pain dans la culture de Terre-Neuve, comme aliment des pauvres et comme mûrissement de la vie. [5B]

 

 

Stephen E. Wall (Memorial University of Newfoundland)

Agony and Ecstasy: the Relationship Between the History and Folklore of Male Autoeroticism

La masturbation a été considérée comme la plus fréquente des activités sexuelles humaines. L’étude de ce comportement dans les sciences sociales, notamment dans la discipline du folklore, constitue un champ d’investigation en pleine expansion apportant ses propres sujets de controverses académiques tels que ceux d’Alfred Kinsey et de Gershon Legman. Le but de cette communication est de montrer que les croyances, les légendes et les belles histoires qui concernent les conduites autoérotiques mâles suivent un modèle de division historique. Je vais parallèlement analyser les plusieurs histoires de masturbation déjà mentionnés et comparer ces données avec les modèles historiques de pensées concernant ce sujet de la conduite autoérotique. [3B]

 

 

Heather Wright (Memorial University of Newfoundland)

The Many Musics of Quidi Vidi: The Performance and Recording of a Television Series

Chaque vendredi soir, une réunion pour faire de la musique se tient à la microbrasserie du Port de Quidi Vidi, juste à côté de Saint-John, Terre-Neuve. C’est le moment pour les amis et les visiteurs de se réunir et de partager leur amour de la musique, d’échanger des histoires, de consommer de l’alcool et finalement de se reposer après une semaine de travail bien remplie. Ce documentaire audio-visuel nous livre sur le vif la musique du bar lui-même, nature, aussi bien improvisée qu’élaborée et il expose les conceptions musicales des exécutants. Ils nous montre encore l’enregistrement des séries télévisées obtenues lors de ces sessions musicales. [2A]

 

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