Phil Thomas – 2003

Cette année nous honorons deux personnes qui ont beaucoup en commun, bien qu’elles habitent aux deux extrémités du pays : Anita Best et Phil Thomas. Tous les deux ont publié des collections importantes de chansons traditionnelles ; elle et il ont poursuivi une carrière longue et fructueuse en dehors du milieu universitaire (bien que leur travail soit reconnu par ce même milieu) et elle et il sont des interprètes et des militants publics reconnus pour leur engagement envers la chanson traditionnelle.

 

Phil Thomas a déjà été qualifié de « Cecil Sharp de la Colombie britannique » et de « Pete Seeger de la C.B. ». Le premier sobriquet rend hommage à son rôle de pionnier assidu de la collecte de la chanson traditionnelle de la province, tandis que le deuxième se réfère à sa visibilité omniprésente dans les clubs, dans les écoles et sur les campus, muni de son banjo à long manche, à vulgariser la chanson traditionnelle canadienne. Son œuvre de collecte a débuté à l’âge de trente ans en 1951 et pendant les vingt-cinq années suivantes il a œuvré pour sauver du bord de l’extinction l’héritage sans prix de la chanson traditionnelle de la Colombie britannique et de l’Ouest canadien. En combinant l’histoire sociale et l’ethnologie, son ouvrage Songs of the Pacific Northwest (Saanichton: Hancock House 1979) était le reflet, à travers ses notes volumineuses, de l’esprit pionnier de la classe ouvrière de la Colombie britannique. C’était un ouvrage marquant dans la lutte pour recueillir et pour étudier l’histoire de la musique traditionnelle dans la province. Phil Thomas travaille actuellement à la deuxième édition augmentée de Songs of the Pacific Northwest. Sa collection d’enregistrements de terrain est maintenant déposée dans les Archives d’histoire sonore de la CB à Victoria. Sa collection de recueils de chansons traditionnelles (qui dépasse actuellement 6000 items et est unique au Canada de l’ouest) a été léguée à la bibliothèque des collections spéciales de son alma mater, l’université de la Colombie-britannique, où elle porte son nom.

 

Au cours de sa vie longue et productive, il a marqué plusieurs domaines. On lui a attribué le prix G.A. Fergusson, l’honneur le plus important que peut conférer la Fédération des enseignants de la CB, pour son travail de créateur en art et en art dramatique. En 1959 il a fondé B et en est actuellement membre honorifique à vie B le club de folklore le plus ancien du pays, le Vancouver Folk Song Society. Il a agi comme président, comme secrétaire correspondant et a occupé plusieurs autres postes au sein du bureau de la Société Canadienne pour les Traditions Musicales, dont actuellement celui de président honorifique et membre à vie. Il a aussi été membre actif de longue date de la British Columbia Folklore Society, qui compte parmi les organismes et les individus qui appuient sa nomination pour la Médaille Marius Barbeau. Ce prix reconnaît et fête les cinquante ans de l’engagement de Phil Thomas dans la collecte et dans la publication de la chanson vernaculaire du Canada et son travail phare dans la conservation, dans la contextualisation et dans la vulgarisation de la musique traditionnelle de sa province natale.

 

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