Volume 19-2

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Vol. 19-2 – 1997

Regular Issue

Articles

Pauline GREENHILL, Madeleine PASTINELLI, Nancy SCHMITZ

Introduction

Un amalgame est un mélange d’éléments différents, un mélange d’éléments hétérogènes certes, mais un mélange malgré tout, c’est-à-dire un regroupement qui permet la constitution d’un ensemble. Ce numéro régulier de Canadian Folklore Canadien n’est pas centré sur un thème particulier, mais il réunit des textes qui tous ensemble contribuent à mettre en lumière la complexité des innombrables aspects des cultures qui nous entourent.

En cette fin de siècle, le foisonnement des études qui ont été réalisées en sciences humaines, combiné au raffinement des approches théoriques, des techniques d’analyse et des méthodes d’investigation, a conduit à de profonds bouleversements dans toutes les disciplines des sciences humaines. Tour à tour, et pour mieux se tourner vers l’avenir, les diverses associations professionnelles et regroupements de chercheurs ont pris le temps de faire le point sur leur évolution et d’identifier les nouveaux courants théoriques, idéologiques et méthodologiques qui les traversent.

L’ethnologie n’a pas fait exception et le retour sur la récente évolution de la discipline a permis à la communauté scientifique de reconnaître des ethnologies. Les objets d’études se sont multipliés, les approches, les méthodes et les implications des travaux également, conduisant à l’émergence d’un véritable amalgame scientifique. La multidisciplinarité des recherches menées tant par des ethnologues que par des chercheurs de disciplines connexes qui partagent nos approches ou nos méthodes a considérablement enrichi la discipline, nous contraignant même à questionner les limites et la spécificité de la démarche ethnologique.

Pour contribuer à cette réflexion, et pour y faire suite, il nous a semblé pertinent de réunir, dans ce numéro de Canadian Folklore Canadien, des notes de recherche qui font état de travaux en cours. Certains auteurs utilisent plusieurs approches différentes pour faire l’étude d’un même phénomène alors que d’autres utilisent une seule perspective théorique, mais l’applique à plusieurs objets. En toile de fond, certains auteurs adoptent une méthode plus conventionnelle pour mettre en lumière le développement de la discipline. La plupart des auteurs accordent une plus grande importance à l’informateur et à l’ensemble de ses représentations personnelles, souvent différentes, voire même contradictoires.

Sous forme d’une lettre à son informateur, Hilaire Benoît, Vivian Labrie se questionne sur la nature épistémologique de la relation entre l’enquêteur et l’informateur. Comme ethnologue, elle constate qu’elle a le devoir de communiquer aux gens appartenant aux milieux sur lesquels elle pose son regard la valeur et l’intérêt de leur culture  » populaire « , longtemps méprisée par les couches socio-économiques plus favorisées. De son côté, son informateur lui a permis de comprendre le caractère illusoire de l’objectivité relative à l’investigation ethnologique. Loin de se dissocier du milieu qu’elle étudie, l’ethnologue se sait en être partie prenante et, de ce fait, reconnaît la responsabilité qui lui incombe par rapport aux groupes dont elle fait l’étude.

Dans un même ordre d’idées, Joseph Melançon jette un œil critique sur l’évolution de la recherche sur les francophonies de l’Amérique du Nord en proposant un modèle sériel comportant trois étapes, soit l’inventaire, l’analyse et l’interprétation. Il insiste sur la nécessité de contextualiser les données et d’établir un rapport avec la culture, de faire l’étude des formes culturelles en les replaçant dans une dynamique sociale ou de les utiliser comme indicateurs de cette dynamique.

L’article de Diane Tye aborde un phénomène d’une grande actualité. En laissant raconter leur expérience personnelle à quatre informatrices/informateur, elle montre comment la personnalité médiatique Martha Stewart, par son émission de télévision et sa revue, se substitue aux anciens modes de transmission des savoir-faire relatifs aux travaux domestiques. Plus que de transmettre des connaissances, Martha Stewart contribue à changer les représentations personnelles de son public relativement aux travaux ménagers. L’auteure se demande si Martha Stewart constitue, pour son public, une forme de libération évasive ou si elle est une réaction à un ensemble de conceptions patriarcales dans lesquelles on ne reconnaît pas la valeur du travail de la femme

Catherine Broué et Gaston Desjardins nous ramènent à la puissance des textes littéraires en questionnant les représentations du fleuve Saint-Laurent à travers les récits de voyages. Les écrits nous permettent de pénétrer les représentations spatiales du passé qu’on ne peut atteindre autrement que par les récits de voyage. Dans une synthèse des travaux réalisés sur ce thème, les auteurs font ressortir un ensemble de conceptions qui sont nécessaires à la compréhension des conceptualisations contemporaines de ce même espace.

Marielle Cormier-Boudreau, Karine Laviolette et Jocelyne Mathieu font le bilan de 50 ans de collaboration entre l’Acadie et le Québec. Elles retracent le développement des échanges dans le domaine de la recherche et de l’enseignement, l’apport des différents chercheurs depuis les pionniers jusqu’aux ethnologues d’aujourd’hui et font état du contexte actuel des collaborations entre ces deux groupes de francophones de l’est du Canada.

Cinq autres textes sont issus d’une séance conjointe de l’Association canadienne d’ethnologie et de folklore et de l’Association canadienne des études sur les femmes qui s’est tenue à Saint-Jean, Terre-Neuve, en 1997. La séance intitulée  » (Ré)visions féministes de l’identité dans la culture canadienne traditionnelle et populaire  » abordait le problème fort complexe de la construction identitaire. Comme l’ont noté Roy et Fridman dans leur introduction de Transactions identitaires :  » […] l’identité est fluide et mouvante, se situant dans l’intersubjectivité d’un groupe et faisant aussi appel à l’affectivité  » (Friedman, Roy, 1997 : 6). Difficilement saisissables, les zones grises que sont les frontières des espaces et des faits culturels permettent une mise en relief de la fragilité des conceptions normatives de la culture et des identités. C’est dans cette perspective que Nathalie Cohen et Elizabeth Carlyle explorent la notion de blancheur.

Elizabeth Carlyle fait l’étude du glissement du concept de blancheur par le biais d’une analyse des représentations médiatiques de Gary Filmon, premier ministre du Manitoba. Elle analyse le déplacement du concept de blancheur de ses assises traditionnelle européenne et nord-américaine d’innocence et de pureté et met au jour une conception non avouée de ce même concept qui renvoie à une forme de pouvoir politique central qui se révèle dominant et masculin.

De son côté, Nathalie Cohen part du point de vue d’une personne dont la couleur de la peau est à la limite de la blancheur pour démontrer le caractère inadéquat de ce concept dans une démarche de construction de l’identité. La réflexion sur l’espace limite qui se situe entre la blancheur et la non-blancheur doit permettre la poursuite d’un défi antiraciste qui mène l’auteure à confronter les notions de race et de blancheur.

Toujours dans la problématique de la construction identitaire, Cynthia Thoroski examine la simplification de l’identité culturelle lors des célébrations annuelles du multiculturalisme au Folklorama de Winnipeg où la diversité culturelle fait l’objet d’une consommation de masse. Elle se penche sur les pratiques liées à une consommation rapide des stéréotypes culturels qui engendrent des interactions qui limitent et empêchent l’examen attentif des réelles composantes de l’identité.

Par l’étude des différents contextes d’utilisation du drapeau arc-en-ciel, Lisa Hagen-Smith est en mesure de mieux comprendre toute ses implications en tant qu’objet symbolique de la FIERTÉ. Elle étudie un ensemble de pratiques qui prennent sens en s’articulant autour de cet objet à forte charge symbolique et elle met ces pratiques en relation avec leur contexte selon les termes synthétique ou  » syndétique « , tels que développés par l’anthropologue Robert Plant Armstrong.

Kate Hodgson, Stefanie Moore et Tamara Biebrich adoptent une perspective féministe pour réfléchir sur les identités et les espaces de résistance en examinant les publications personnelles photocopiées, les  » zines « , qui sont en fait des revues de fabrication artisanales. À l’abri des contraintes imposées par une culture normative commerciale et masculinisante, cette littérature contestataire permet aux femmes d’exprimer pleinement leur identité individuelle.

Ces différentes recherches et ces travaux en cours nous permettent de prendre pleinement conscience de l’orientation résolument contemporaine des travaux en ethnologie. Plus que jamais, les auteurs sont conscients de la nécessité et de l’importance de la prise en compte des nombreuses perspectives individuelles, issues tant de la norme que de la marge. La richesse de la discipline s’incarne dans les multiples possibilités qui lui sont inhérentes et qui appellent le dépassement.

Référence citée

Fridman, Viviana, Roy, Alain, 1996,  » Présentation « , Canadian Folklore Canadien 18, 2 : 5-11.

Vivian LABRIE

Lettre d’amour à Hilaire Benoît

Il arrive que des liens humains importants et déterminants se nouent entre chercheurs et informateurs. Il arrive que la transmission réciproque des savoirs dépasse les rôles respectifs et déborde dans la vitalité même de l’existence humaine. Cette lettre d’amour à Hilaire Benoît, conteur, ayant vécu à Tracadie, Nouveau-Brunswick, a été lue lors de la table ronde  » L’ethnologue et la société  » du Colloque sur  » L’ethnologie des francophones en Amérique. 1944-1994. Bilan et perspectives  » à Québec, le 11 septembre 1994. Elle fait le bilan d’une telle relation et d’une telle expérience de transmission de savoirs, du point de vue de l’ethnographe engagée dans sa société.

Joseph MELANÇON

Évolution de la recherche sur les francophonies de l’Amérique du Nord

L’évolution s’étudie à partir d’un modèle sériel, capable de rendre compte des transformations observées. La série, dans l’évolution de la recherche, comporte trois étapes indépendantes bien connues, à savoir l’inventaire, l’analyse et l’interprétation, comme l’avait déjà fait remarquer Luc Lacourcière, en 1962. La transformation réglée de l’objet, dans ces trois étapes, est le passage de l’objet empirique, à l’étape de l’inventaire, à l’objet d’étude, à l’étape de l’analyse, à l’objet de connaissance, à l’étape de l’interprétation. Ce protocole permet de décrire l’état de la recherche dans les différentes francophonies nord-américaines et de les comparer. Ainsi, l’inventaire est beaucoup plus avancé au Québec qu’ailleurs, mais il est en bonne voie de réalisation en Acadie et en Ontario. Dans l’Ouest canadien, en Louisiane et dans les autres francophonies des États-Unis, il a été entrepris et progresse dans la mesure des moyens disponibles. L’analyse, pour sa part, relève d’équipes de chercheurs et son évolution dépend fortement des rapports qu’elles diffusent. On l’observe dans les centres, les congrès et les associations. Elle est liée aux points de vue qui s’y expriment. On peut en prendre modèle sur l’Institut interuniversitaire de recherches sur les populations (IREP), qui utilise les rituels comme témoins des mutations culturelles. L’interprétation est plus aléatoire et elle se fonde sur la contextualisation. La tendance actuelle est une tentative d’atteindre une interprétation globale, en recourant aux processus de constitution des cultures, avec leurs pratiques et leurs traditions.

Diane TYE

« Is It a Good Things ? » : Martha Stewart and Homemaking

Martha Stewart Omnimedia est une entreprise qui connaît énormément de succès en offrant des conseils sur les travaux domestiques dans des livres, revues, articles de journaux et émissions de télévision. Suivant la tradition de travaux tels que l’analyse féministe des romans à l’eau de rose pour femmes de Janice Radway, méthode qui privilégie l’expression des lecteurs, cet article étudie une forme de culture populaire visant les femmes et les hommes au foyer. En me basant sur des entrevues réalisées auprès de quatre informatrices et un informateur qui regardent l’émission de télévision de Martha Stewart ou qui lisent la revue Martha Stewart Living, j’explore l’influence de Martha Stewart sur l’acquisition d’habiletés domestiques, sur les perceptions des travaux domestiques et sur l’exécution de ceux-ci. Je me penche sur l’interprétation que fait l’auditoire de Martha Stewart de sa représentation des travaux domestiques que son public considère comme une évasion. Je m’interroge, comme le fait Janice Winship dans son analyse d’une revue pour femmes et de ses liens complexes avec la consommation et le capitalisme :  » […]why these fantasies, this escape ?  » (1983 : 45).

Catherine BROUÉ et Gaston DESJARDINS

À contre-courant : Le Saint-Laurent des récits de voyage, entre Cartier et Charlevoix

Afin de mieux comprendre le regard posé par les premiers explorateurs européens sur la réalité physique du fleuve Saint-Laurent entre Gaspé et Québec, nous proposons une synthèse de plusieurs travaux majeurs touchant la littérature de voyage et l’estuaire laurentien, en espérant faire ressortir, par une lecture nouvelle des sources, le lien privilégié tissé au fil du temps entre un fleuve et ses textes. Au-delà de l’inscription même des lieux dans les récits de Cartier, Champlain, Denys, La Potherie et Charlevoix, nous avons cherché, au fil des narrations ayant le fleuve pour décor, les manifestations textuelles, explicites ou sous-jacentes, mettant en parallèle le lieu et l’écriture. Ces quelques récits dits  » fondateurs  » de l’époque de la Nouvelle-France révèlent une vision singulière de l’espace laurentien, qui reste tributaire du médium même par lequel elle s’actualise : celui de l’écriture.

Marielle CORMIER-BOUDREAU, Karine LAVIOLETTE et Jocelyne MATHIEU

Collaboration scientifique et échanges Acadie-Québec : Rétrospectives et projets actuels

Les auteures de ce texte font le bilan de cinquante ans de collaboration entre les folkloristes, ethnographes et ethnologues de l’Acadie et du Québec. Les rencontres et les échanges qui ont autrefois stimulé l’intérêt de différents chercheurs pour de nouveaux objets d’étude et pour de nouvelles approches permettent aujourd’hui la conduite de travaux à caractère comparatif entre les deux régions. Elles retracent le développement des échanges dans le domaine de la recherche et de l’enseignement, de même que l’apport des différents chercheurs depuis les pionniers jusqu’aux ethnologues d’aujourd’hui. Les auteures font également le point sur le contexte actuel des collaborations et proposent quelques avenues susceptibles de favoriser une collaboration accrue entre les deux communautés scientifiques.

Elizabeth CARLYLE

The Invisible Whiteness of Being: Gary Filmon and the Mainstream Media

Ce travail fait l’étude des différents aspect locaux et vécus à travers desquels la blancheur est mobilisée par les politiciens et les médias. L’analyse porte sur le premier ministre du Manitoba Gary Filmon qui, selon l’auteure, emploie simultanément la signification vide et la signification paradoxale de la blancheur. L’auteur retrace l’histoire du discours actuel sur le concept de blancheur (et ses corollaires, noirceur ou non-blancheur) dans le but d’élucider le fait que le succès de Filmon repose sur la création d’une image de lui-même qui se fonde sur [la masculine invisibilité] l’invisibilité puissante de la blancheur. Abordant la discussion par l’interprétation des représentations médiatiques, l’auteure affirme que Filmon mobilise une image stratégique de la blancheur qui est liée à un effort de démentir les intérêts particuliers de celle-ci et qui fait appel à des sentiments humanistes et capitalistes d’égalité pour tous, tout en construisant la blancheur en tant qu’idéal universel.

Nathalie COHEN

From the Borders: Uncovering Implicit Definitions of Whiteness From the Perspective of the Questionably White

Plusieurs chercheurs croient que considérer la Blancheur comme une ethnicité racialisée et examiner comment elle contribue à la mise en place de la notion de race et du racisme est crucial au travail du féminisme antiraciste. Rarement considérées mais tout aussi importantes sont les classifications populaires de la Blancheur, concepts et définitions implicites et non exprimés employés quotidiennement dans notre société ainsi que dans les œuvres antiracistes écrites par des spécialistes. Étant donné que c’est souvent par l’étude des marges que l’on peut saisir et critiquer plus clairement le centre, c’est à partir d’une analyse de mon expérience et de celle d’autres femmes d’une Blancheur  » douteuse « , se situant dans l’espace racialement incertain entre la Blancheur et l’Autre, que j’examine les différentes manières de définir la Blancheur et la race et le lien unissant ces conceptions à la classe sociale, à la religion et à l’identité nationale.

Cynthia THOROSKI

Adventure in Ethnicity: Consuming Performances of Cultural Identity in Winnipeg’s Folklorama

La représentation de l’ethnicité à l’intérieur des festivals multiculturels tend à intégrer l’identité ethnique dans des limites homogénéisés et simplifiés qui en favorisent la consommation par des auditoires de masse.  » Adventures in Ethniciy  » examine la politique culturelle implicite dans ce courant de  » multiculturalisme pour consommation rapide  » et les façons utilisées dans les festivals multiculturels à grande échelle pour décontextualiser, neutraliser et remobiliser les représentations de  » l’authenticité ethnique  » afin de commercialiser les identités culturelles comme produits symboliques. Un aspect secondaire de l’analyse porte sur le Folklorama de Winnipeg qui est utilisé comme cas d’étude des stratégies possiblement résistantes et différenciées à l’intérieur de l’appropriation des identités ethniques par les festivals multiculturels. Une attention particulière est accordée au transcodage implicite de la performance publique et des étalages de la culture matérielle afin de créer une critique potentiellement subversive des festivals multiculturels à grande échelle, de leurs produits et de leurs consommateurs.

Lisa HAGEN-SMITH

Politics and Celebration: Manifesting the Rainbow Flag

Traditionnellement, les organisateurs de la Journée de la FIERTÉ de Winnipeg, l’événement des gais, des lesbiennes et des bisexuels, ont construit deux scènes politiques (la Scène sociale et la Scène de la marche) qui séparent et contiennent les expressions de célébration des expressions de contestation. En 1996, les organisateurs de Winnipeg ont crée un troisième lieu de festivité entre ces deux espaces. Ils ont également commencé à effectuer, consciemment, la transition entre marche et parade. Cet article analyse le rôle du symbolisme de l’arc-en-ciel et les façons dont ce dernier s’interpose pour calmer les tensions entre contestation et célébration. Tant sous sa forme originale de drapeau que sous ses manifestations diverses, le symbolisme de l’arc-en-ciel mène à la création et à la revendication de lieux de conflit, de transformation et d’inspiration. La signification engendrée par son utilisation privilégie parfois la célébration, parfois la contestation et, occasionnellement, transforme magiquement l’espace en hybride des deux. En utilisant les concepts de  » syndèse  » et de synthèse, j’explore la nature stratégique de ce symbole culturellement significatif. Il n’a été adopté que récemment par les gais, lesbiennes et bisexuels du Manitoba et, par conséquent, quoiqu’il soit bien établi au États-Unis, il est localement une communication émergente de fierté.

Kate HODGSON,Stephanie MOORE, Tamara RAE BIEBRICH

Zines, Women, and Culture: Autobiography Through Self-Publication

Les  » zines  » sont des textes qui existent comme lieux ouverts et conscients de résistance active aux catégories et aux identités normatives. Publications maison et photocopiées existant en marge de la littérature et de l’art canoniques et commerciaux, les  » zines  » sont un moyen d’expression qui, par leur forme et leur contenu, défient, en texte, les représentations familières de soi-même. Les  » zines  » fournissent de la documentation sur la résistance des femmes en examinant et en réinscrivant simultanément les frontières du sexe, de l’identité, du féminisme et de la textualité. J’aborde les  » zines « , en tant que texte, à travers des entrevues réalisées avec deux femmes de Winnipeg qui publient actuellement des  » zines « , Stefanie Moore et Tamara Biebrich. En intégrant la parole des femmes, ces revues s’avèrent être des incarnations de leur vie quotidienne et de leur travail, un espace où les femmes peuvent se représenter en dehors des exigences de la culture dominante sur la publication et sa forme. Les  » zines  » remettent en question l’autorité des textes courants. Ils appartiennent à la contre-culture et à la culture populaire et se déplacent entre les deux tout en traversant les frontières et en compliquant nos notions de divisions entre les différentes formes de discours.